Salut Hello Nihao

Et bienvenue sur mon blog.

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Vous trouverez ici les récits de mes péripéties de prof en Chine entre septembre 2003 et juillet 2005. Au fur et à mesure des pages, Vous découvrirez Nanjing (où j'ai habité) et la Chine à travers laquelle j'ai voyagé deux années durant...

Parrainage

Enseignement/Linguistique

Mercredi 4 mai 2005 3 04 /05 /2005 00:00
C'était il y a un moment déjà (presque deux ans de passés) mais je me rappelle de ce jour comme si c'était hier. J'étais en Chine depuis 4 jours et je subissais de plein fouet le contre-coup du décalage horaire, ajoutée à cela la chaleur torride et humide qu'il fait à Nanjing en fin de mois d'août, les nuits étaient impossible à dormir... Par contre je ne pouvais pas manquer le réveil. Tous les matins à 6H00, le bruit d'une meute de chiens aboyant des sons incompréhensibles. Ils étaient là, sous ma fenêtre alignés en rangs d'oignons sur les terrains de basket en uniforme fraîchement arrivés au campus. Voilà la vue que j'avais de mon appartement:



Qui sont-ils ? Ce sont les nouveaux étudiants de mon université. Encadrés par quelques militaires (professionnels ceux-là) et contraints à l'entraînement obligatoire d'un mois pour tout étudiant entrant à l'université. J'ai eu la curiosité de d'interroger quelques étudiants chinois plus anciens à ce propos. Leur réponse: c'est une mesure gouvernementale établie par Pékin en septembre 1989 pour instaurer le dialogue et l'intercompréhension entre l'armée et les étudiants...
Par GHARBI - Publié dans : Enseignement/Linguistique
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Samedi 14 mai 2005 6 14 /05 /2005 00:00

Je vous propose ici ma traduction d'un article scientifique super drôle et intéressant sur l'apprentissage du chinois dans lequel les étudiants occidentaux en la matière se reconnaîtront. Vous trouverez la version originale en anglais sur www.pinyin.info/readings/texts/moser.html. Je modifierai cet article au fur et à mesure du développement de ma traduction. Et via les commentaires, je vous invite à m'aider dans la traduction ou simplement à faire part de votre propre expérience en la matière.

Pourquoi le chinois est-il si difficile ?

Par David Moser, Université du Michigan – Centre des Etudes chinoises

La première question que toute personne sensée pourrait poser en lisant le titre de cet essai est : ‘difficile pour qui ?’. Question somme toute légitime. Après tout, les Chinois semblent l’apprendre sans problèmes. Alors comment définir ‘difficile’ ? Puisque je sais dès le début que ce document va égrainer nombre de jérémiades et autres pleurnicheries, je ferais tout aussi bien d’en venir directement au but et dire exactement ce que j’ai derrière la tête : je veux dire ‘difficile pour moi’, un anglophone qui essaie d’apprendre le chinois en tant qu’adulte, passant par le processus complet avec les livres, les cassettes, les partenaires de conversation, etc, et tout le tralala. Je veux dire difficile pour moi - et bien sûr , pour beaucoup d’autres occidentaux qui ont passé des années de leur vie à se taper la tête contre la grande muraille de la langue chinoise.

Si mon discours s’arrêtait là, son contenu serait bien pauvre. Après tout, toute langue étrangère est difficile pour tout qui ce n’est pas la langue maternelle, pas vrai ? Hé bien, en quelque sorte oui mais toutes les langues étrangères ne présentent pas le même degré de difficulté pour l’apprenant. Ce degré de difficulté dépend de la langue source (langue à partir de laquelle vous apprenez). D’habitude, un francophone peut apprendre l’italien plus rapidementqu’un anglophone, de même qu’un anglophone peut probablement maîtriser l’allemand plus rapidement qu’un Japonais, etc. Donc partie de contenu de cet article est aussi de dire que la langue chinoise est difficile à apprendre comparée à heu… ben à presque n’importe quel autre langage qu’il vous viendrait à l’idée d’apprendre. Ce que je veux dire est que le chinois n’est pas difficile seulement pour nous (occidentaux), mais aussi difficile en termes absolus. Ce qui signifie que le chinois est aussi difficile aussi pour les Chinois eux mêmes[1].

Si vous ne me croyez pas, demandez à n’importe quel Chinois. La plupart d'entre eux reconnaîtront joyeusement que leur langue est difficile, peut-être la plus difficile sur terre ! (Beaucoup en sont fier de la même manière que les New-yorkais sont fiers de vivre dans la ville la plus impossible à vivre d’Amérique).Peut-être que les Chinois méritent une médaille simplement pour être né chinois.[…]

Si vous prenez l’expression anglaise ‘It’s Greek to me’, et que cherchez les expressions équivalentes dans les langues du monde pour essayer de trouver quelle est la langue la plusdifficile, les résultats de l’étude linguistique montrent que le chinois remporte haut la main la palme de la langue la plus incompréhensible. Se pose alors la question de savoir : mais quelle est donc la langue considérée par les Chinois eux-mêmes comme étant par-dessus tout la plus difficile ? Lorsque vous cherchez l’expression équivalente en chinois, vous trouvez : 跟天书一样 (gen tianshu yiyang), ce quisignifie : ‘c’est de l’écriture céleste’.

Et c’est une des vérités dans l’histoire de la linguistique : le chinois mérite cette réputation de difficile à vous en déchirer le cœur. Ceux qui entreprennent d’étudier cette langue pour toute autre raison que son simple plaisir seront toujours frustrés de la quantité abyssale d’efforts à fournir. Ceux qui sont attiré par cette langue précisément pour ses intimidantes complexités etdifficultés ne seront jamais déçus. Peu importe la raison pour laquelle ils ont débuté, chaque personne qui a commencé à étudier le chinois finit tôt ou tard par se demander : ‘Pourquoi diable est-ce que je fais cela ?'. Ceux qui sont encore capable de se souvenir de leur but premier abandonneront ici et là sagement leur tentative, puisque ce fastidieux combat n’en vaut finalement pas vraiment la peine. Ceux qui simplement se disent ‘j’en ai déjà tellement fait, je ne peux pas m’arrêter maintenant’ auront quelque chance de succès, puisqu’ils ont sensiblement ce genre d’obstination inconsciente et font manifestement preuve d'un manque de perspective globale en la matière.

Okay, après avoir un peu expliqué ce que je voulais dire par ‘difficile’, j’en reviens à ma première question: pourquoi le chinois est-il si difficile ?

  1. Parce que le système d’écriture est insensé.
  2. Parce que la langue n’a pas la simplicité de faire usage d’un alphabet.
  3. Parce que le système d’écriture n’est pas seulement phonétique.
  4. Parce que vous ne pouvez pas tricher en utilisant des mots apparentés.
  5. Parce que même chercher un mot au dictionnaire est compliqué.
  6. Aussi, il y a le chinois classique.
  7. Parce qu’il y a trop de méthodes de latinisation [de la langue chinoise] et toutes ces méthodes sont nulles !
  8. Parce que les langues tonales sont bizarres.
  9. Parce que l’Orient c’est l’Orient, que l’Occident c’est l’Occident,
    et les deux ne se sont finalement, rencontrés que très récemment.

1. Parce que le système d’écriture est insensé.

Beau, complexe, mystérieux -- mais insensé. Comme beaucoup de mes étudiants de chinois, je me suis intéressé au chinois d’abord pour son système d’écriture, qui est sûrement une des graphie les plus fascinante au monde. Plus vous en apprenez sur les caractères chinois, plus vous les trouvez intrigant et plus vous en devenez dépendant. L’étude des caractères chinois peut devenir l’obsession de toute une vie, et très vite vous vous retrouvez impliqué dans le devoir quotidien de les accumuler, goutte à goutte de l’immense océan de caractères, en vains essais de les amasser dans le gobelet percé de la mémoire à long terme.

La beauté des caractères est indéniable, mais alors que le peuple chinois commençait à comprendre l’importance de la littérature universelle, il devenait évident que ces idéogrammes étaient  comme une sorte de liens aux pieds -- quelque maniaque  eut aimé leur apparence, mais ils n’étaient en fin de compte pas pratiques à l’usage quotidien.

Par exemple parce qu’il est déraisonnablement compliqué d’apprendre assez decaractères pour être simplement capable de lire et écrire. De nouveau,quelqu’un peut demander ‘difficile par rapport à quoi ?’. Et la réponseest facile : ‘Difficile en comparaison de l’espagnol, du grec, du russe,de l’hindi ou tout autre langage sensé, ‘normal’, qui exige tout au plusquelques douzaines de symboles pour écrire quoi que ce soit dans cette langue.Dans son livre The ChineseLanguage: Fact and Fantasy, John Defrancis rapporte que ses collègueschinois estiment qu’un sinophone prend sept à huit ans pour apprendre à lire etécrire trois mille caractères, alors que ses collègues français ou espagnolsestiment que leeurs étudiants dans leur pays respectifs atteignent des niveauxcomparables en la moitié de ce temps.[2]Evidement, cette estimation est plutôt approximative et impressionnante(l’expression ‘niveaux comparables’ n’est pas très claire), mais theimplications générales sautent aux yeux : le système d’écriture chinoisest plus difficile à apprendre, en temres absolus, que le système d’écriturealphabétique.[3] Même les enfants chinois,dont les esprits sont au plus haut de leur capacité d’apprentissage, ont plusde problèmes avec les caractères chinoisque leurs petits compagnons dans les autres pays avec leur graphies respectives.Alors essayez un instant d’imaginer les difficultés éprouvées par apprenantétranger à l’esprit léthargique post-pubertaire tel que moi-même.

 

Tout a entendu dire que le chinois est difficile à cause de l’énorme  quantité de caractères qu’il faut apprendre et c’est absolument vrai. Il y a beaucoup de livre et articles connusqui minimisent l’importance de la difficulté en disant par exemple ‘malgr lefait que le chinois contient [10 000, 25 000, 50 000 choisissez] caractères,vous n’avez vraiment besoin que d’environ 2000 pour lire le journal’.Balivernes. Je ne pouvais pas facilemnt lire le journal alors que je connaissais 2000 caractères. Jedevais souvent regarder plusieurs caractères au dictionnaire par ligne, et mêmeaprès ça, j’’éprouvais encore des difficultés à extraire la signification de l’article. (Dans ce contexte, par ‘lire’entendez ‘lire et compréhension de base du texte sans avoir à chercher desdizaines de caractères au dictionnaire’ ; sinon l’affirmation es vide desens)

Cette fable est répandue à cause du fait que, lorsque vous regarder à lafréquence des caractères, plus de 95% des caractères dans n’importe queljournal font partie des premiers 2000 plus communs.[4]Mais un tel calcul ne vous dit pas que vous trouverez plein de mots non-familierélaborés à partir de ces caractèrescommuns. (pour illustrer le problème, remarquez que en anglais, connaître lesmots ‘up’ et ‘tight’ ne signifie pas connaître le mot ‘uptight’). De plus, commetout qui a étudié une langue étrangère le sait, vous pouvez êtrefamiliarisé avec chaque mot d’un texteet pour autant ne pas être capable d’en saisir le sens. La compréhension à lalecture ne se résume pas à simplement connaître beaucoup de mots ; il vousfaut avoir le feeling du comment ces mots peuvent être combinés en unemultitude de contextes différents.[5] S’ajouteencore le simple fait que même si vous connaissez 95% des caractères dans untexte donné, les 5% restant sont souvent les caractères d’une nécessité crucialeà la compréhension du point principal du texte. Un anglophone non-natif qui lit un article à l’entête ‘Jaccuzzis found effective in treating Phlebitis’ necomprendra pas grand-chose s’il ignore la signification des mots ‘jacizzi’ ou ‘phlebitis’.

 

Le problème de la lecture est souvent très sensible pour ceux qui sont sur le terrain chinois. Combien d’entre nous oseraient se lever et lire à voix haute devant tout le groupe de collègues un texte sélectionné au hasard ?Déjà le complexe d’infériorité de perdre la face pousse beaucoup d’étudiants etde professeurs à devenir les coopérateurs invlontaire de la conspiration dusilence dans laquelle chacun fait semblant qu’après quatre années de chinois, l’étudiantappliqué serait capable de lire à vue d’œilà toute forme de littérature de Confucius à Lu Xun, s’attardant occasionnellementsur quelque satané caractère peu fréquent (dans leur dictionnairechinois-chinois, bien-sûr). D’autres, vien-sûr, sont plus honnêtes à propos desdifficultés. L’autre jour, un de mes anciens étudiants, aujourd’hui diplômé,  qui a étudié le chinois durant plus de dix ansme dit : ‘Je suis vraiment entravé dans mes recherches du fait que Ilne m’est otujours pas possible de lire le chinois. Ça me prend des heurespour lire deux ou trois passages, et je ne peux pas me permettre de passer desmots pour me faciliter la tâche’. Ce serait un étonnant aveu d’un étudiantdisons de littérature française, dans sa dixième année d’apprentissage.Pourtant, c’est un commentaire que j’entends tout le temps parmi mes pairs (aumoins dans ces moments d’inattention quand on a bu un peu trop de bièreTsingtao et qu’on commencé à se lamenter sur la lenteur de l’avancement de la thèse).

[…]

 

Comme si cela ne suffisait pas, un autre aspect ridicule du système d’écriture chinois est qu’il y a deux types de caractères (qui heureusement se recoupent partiellement) : les caractères traditionnels encore utilisés à Taiwan et Hong Kong, et les caractères simplifiés adopté en République Populaire de Chineà la fin des années ’50, début ’60. Et tout étudiant est plus ou moins forcé de se familiariser avec les deux types, puisqu’ils se retrouvent régulièrement face à des textes et autres articles des ‘deux Chines’. Cette constante chevauchée linguistique à dos de chameau est un fardeau stupide sur le dos de l’étudiant en chinois déjà chargé comme un baudet. Mais puisque les Chinois eux-mêmes ne sont jamais d’une égale compétence entre la version simplifiée et la version complexe des caractères, il n’y a absolument aucune honte à se concentrer sur une version seulement, en excluant partiellement l’autre. En fait, il n’y a pas à avoir honte à abandonner l’apprentissage du chinois tout court quand vous avez pris conscience de tout cela.


[2] John DeFrancis, The ChineseLanguage : Fact and Fantasy, Honolulu : University of HawaïPress, 1984, p. 153. La plupart des problèmes envisagé dans cet article sontétudiés plus en profondeur et avec plus de clareté dans ce livre et son VisibleSpeech: Diverse Oneness of Writing Systems, Honolulu : University ofHawaï Press, 1989.

[3] A propos, je suis conscient que la plupartde ce que j’ai dit plus haut est valable aussi pour le japonais, mais il sembleclair que le fardeau placé sur les apprenant en japonais est beaucoup plusléger parce que (a) le nombre de caractères utilisé en japonais est seulement d’environ2000 – ce qui est deux ou trois fois moins comparé au nombre nécessaire aulettré chinois moyen ; et (b) les Japonais ont la phonétique syllabaire(les caractères hiragana et katana), qui sont quasi 100%phonétiquement fiables et qui sont en bien des manières plus facile à maîtriserque n’est le chaotique orthographe anglais.

[4] Voir, par exemple, Chen Heqin, ‘Yutiwen yingyongzihui’ [les caractères utilisés dans la langue vernaculaire], Shanghai, 1928.

[5] John DeFrancis parle de ce problème dans, parmid’autres articles, ‘Why Johnny Can’t Read Chinese’, Journal of the ChineseLanguage Teachers Association, Vol 1, N°1, Feb. 1966, pp. 1-20.


[1] Je parle ici du système d'écriture, mais la difficulté de ce système possède un tel effet pénétrant sur la littérature et sur l'apprentissage général de la langue que je pense que l'énoncé dans sa globalité est toujours valable.

Par Sélim - Publié dans : Enseignement/Linguistique
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Vendredi 20 mai 2005 5 20 /05 /2005 00:00

Le chinois est-il vraiment une langue sidifficile à apprendre ? Est-il vraiment si difficile d’apprendre unelangue étrangère ? En tant que prof de langue, voilà une question à laquelle je vais apporter ma réflexion somme toute très personnelle…

En tant que prof de langue, disais-je… Hé bien, alors que dans son article, Monsieur Moser déclare en premier lieu que la difficulté d’apprendre une langue étrangère dépend de la langue source de l’apprenant. Enoncé avec lequel, dans l'absolu, je suis entièrement d’accord, je serai plutôt d’avis dedire que, avant tout autre chose, la difficulté est caractérisée par trois paramètres : premièrement, les domaines de langue que l’on étudie. Deuxièmement, le niveau de langue que l’on veut acquérir dans les domaines spécifiés. Et, troisièmement, par les conditions d’apprentissages mises en œuvres pour atteindre ce niveau. En d’autres mots, il y a des catégories d’apprenants plus ou moins aguerris dans des ‘domaines de langue’ (langue de base, langue de commerce, langue de tourisme…) et dans les quatre paramètres de la langue (à savoir compréhension orale, compréhension écrite, expression oraleet expression écrite) suivant la manière dont cette langue étrangère est étudiée.

Quelques exemples pour illustrer mon propos :

1. Le contraste entre l’enseignant expatrié et l’étudiant dans une université de son pays natal.

Depuis les quelques années que j’enseigneles langues - successivement en Belgique, en Italie puis en Chine -, jeme rend compte que, assez bizarrement, je n’enseigne pas les langues (françaiset anglais) de la même manière que moi-même j’apprends les langues des pays dans lesquels je me trouve. Je trouvais cela étrange au début, puis j’ai compris que cela est dû au fait que nous ne faisons pas partiede la même catégorie d’apprenant. Travaillant en Chine, je me trouve en situation d’immersion : je me trouve dans le pays où se parle la langue que j’étudie ce qui constamment me contraint à faire usage de la langue que j’apprends. Ce n’est pas le cas de mes étudiants qui (à mon grand désespoir) ne font usage de la langue qu’ils apprennent que lorsqu’ils sont en cours où quelques fois (rarissimes) où ils conversent avec un autre étranger que moi. Alors que donc, personnellement, je mets en place bon nombre de stratégies d’apprentissage qui sont propres à ma situation (en immersion), mes étudiants ne peuvent pas faireappel aux même stratégies que moi. Leur connaissance de la langue peut être qualifié de ‘livresque’. Ce terme faisant référence à leur source d’apprentissage, on pourrait tout autant employer des termes tel que ‘cassettesque’, ‘CD-Romesque’, ‘laboratoiresque’… Bref une connaissance relativement ‘artificielle’ (puisque constituée en environnement non immersif) dont la qualité dépend de la qualité des supports et de l’assiduité de l’étudiant à en assimiler les contenus. Leur connaissance de la langue est clairement conditionnée ici par la situation dans laquelle il l’apprenne.

2. On apprend pas la même langue suivant la catégorie d’apprenant dont on fait partie: une même situation, des positions différentes.

Un exemple, je vais au resto avec mes étudiants et ils me demandent ce que je désire manger. Sans hésiter je cite en chinois le nom de mes plats préférés appris par cœur et rapidement, j’ajoute que je suis ouvert àtoute autre proposition de nourriture pour autant que ce ne soit pas trop épicé. Ils en restent tous bouche bée en me disant qu’ils sont stupéfaits de mon niveau de chinois. En fait, c’est pas difficile pour moi, depuis presque deux ans que j’habite ici et que je vais pratiquement tous les jours au restaurant, je peux vous dire que j’ai eu le temps qu’explorer la question linguistique en gastronomie chinoise (j’ai pas fini d’en faire le tour pour autant). D’emblée, l’étudiant qui avait le menu en main me le met sous les yeux et me demande quels autres plats je désire commander. Là, j’éclate de rire et je dis que je suis incapable de lire le menu. De nouveau, tous restent bouche bée en me demandant, mais comment est-ce possible de pouvoir parler le chinois sans le lire ? Ben je réponds que c’est bien plus facile en fait…

Dans ce cas, bien que la situation soit identique, la position diffère complètement et l’effort linguistique que je dois fournir pour me dépêtrer de la situation est bien plus important pour moi. Et la langue que j’apprends est purement ‘situationnelle’ : j’apprends à dire telles paroles dans telle ou telle situation. Le niveau compétence d’expression et de compréhension orale que je développe est donc très bon dans des domaines de base de la langue (suivant les situations auxquelles je suisconfronté). Je serai donc capable de parler et de comprendre ce qui se diradans ce type de situation sans pour autant pouvoir lire ou écrire le moindre mot relatif à cette même situation.

Ence qui concerne mes étudiants, il ne sont pour ainsi dire jamais confronté à ces situations de base dans leur apprentissage de la langue[1]. Leur niveau de langue dans ce domaine est donc très peu développé. Par contre, puisqu’ils sont en permanence plongés dans leurs livres, leur compétence de compréhension et d’expression écrite est souvent très élevée dans des domaines aussi variés qu’ils abordent des thèmes différents dans leur lecture. C’est ainsi qu’avec un bon dictionnaire, ils seront capable de lire et d’écrire à propos de n’importe quel sujet en anglais. Quand je dis ‘lire’, il faudrait encore faire une distinction entre la lecture silencieuse et la lecture à voix haute parce que la seconde laisse bien souvent à désirer…

C'est tout ce que j'ai en tête pour l'instant, mais j'ajouterai d'autres exmples plus tard...


[1] Ils le sont en fait lorsque nous faisons des exercicespratiques à ce sujet.

Par Sélim - Publié dans : Enseignement/Linguistique
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Jeudi 26 mai 2005 4 26 /05 /2005 00:00
En Chine, les panneaux en anglais sont toujours un peu bizarre: rare sont ceux qui ne contiennent pas une petite faute de frappe ou erreur de style. Mais on peut toujours déchiffrer l'affaire. Par contre en voici un, j'y comprends rien, avez-vous idée de quoi il s'agit ?

In China, the traffic signs are always a bit strange. You always need a little time to undersand it because of some script or style error. But for this one, I don't get it at all... Does anyone have a clue ?

If it's any help, here's what I found in the dictionnary:

义务指路

义务 : yìwù, n. duty; v. volunteer; adj. Voluntary
指路 : zhǐlù,
v.o. provide guide/direction


Photo Hugo.
Par Sélim - Publié dans : Enseignement/Linguistique
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Mardi 31 mai 2005 2 31 /05 /2005 00:00

Je me suis aperçu d'un truc bizarre: une de mes meilleures élèves arrivait en retard ou manquait souvent le cours ces dernières semaines... Je la coince et lui demande les raisons de son absence. Elle s'excuse poliment et m'explique qu'elle doit se rendre à des réunions qui ont lieu au même moment que mon cours.
- Quelle réunion ? lui demandai-je
- Du parti communiste.
- Tu es membre du parti ?
- Non, pas encore. Mais ces meetings sont des entraînements pour devenir membre.
- Aaah ! Dis-je d'un air ahuri. Et curieux d'en savoir un peu plus: 'Et n'importe qui peux prendre part à ces meetings pour devenir membre du parti ?
- Non, dit-elle. Moi, j'ai été présentée par un de mes professeurs. Et à la fin de l'entraînement, il y a des examens à passer.

Et voilà, j'ai appris comment le parti fait de jeunes recrues. Je poursuis la discussion plus avant:
- Et tu aimes ces entraînements ? tu as envies de devenir membre du parti ?
- Pas spécialement, mais ça pourra m'aider plus tard à trouver du travail plus facilement.
- Et en quoi consistent ces entraînements ?
- Sorry Teacher, but I'mnot able to explain in English. Me répondit-elle. Ce dont je ne doute pas, vu qu'elle est en première année d'anglais...

Par Sélim - Publié dans : Enseignement/Linguistique
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